A propos | Bio

Clément Collet-Billon : Les frontières de l’Art.

Jamais depuis le début de cette rencontre particulière, incongrue et troublante avec l’artiste, de celles qui conduisent à la source de la synchronicité, je n’avais éprouvé autant de perplexité comme de prise de conscience de ce rayonnement plastique face à ce monde à part. Si les artistes de la figuration narrative se penchaient tous sur ce berceau, ils diraient en coeur quelque chose « du coeur violent de prêt à en découdre » et je viendrais avec plaisir me joindre à eux pour écouter, contempler, panser la déroute du Monde. Clément part en guerre aux codes, aux magies, aux déploiements et à cette facilité d’être toujours encore un Don Quichotte des centrales. Nous enfilons avec lui la combinaison, celle protectrice et la divine qui nous protège un temps de la bêtise humaine. Nous plongeons, apnée révélatrice vers des sources vives, celles de son pinceau à la main, des grottes nouvelles, contemporaines; illusoires détresses. Modélisation grotesque, affamée sont les nantis. Les yeux réels. Nous bloquons sans arrêt pour revenir et pour comprendre. Si j’écrivais mieux que lui, je me hasarderai à entreprendre cette chevauchée explicative risquée d’élucidation du mystère Collet-Billon. Unanimes ! celles et ceux qui prétendent se rapprocher de l’art ici en bordelais, sentent que LAVILLE tient là un des plus intéressants peintres du temps, dans sa gangue encore brisée. J’ai montré trois fois ce travail, j’ai gargouifié, mailartdisé, exporté cette oeuvre immense où j’ai pu. Il ira dans mon panthéon minuscule mais avant Prenez-en soin ! Comprenez qu’au-delà des délires, la différence entre l’acte et le silence est immense, dans la lignée des grands muets, nous flirtons avec le risque d’oublier l’action, de la nier et la détériorer à jamais. Il y a ici, ceux qui attendent et professent en FacebookinstatwittandC° et les perles rares du nihilisme, de l’idiométrie pluridimensionnelle , de l’irrévérence comme habitudes bobos, tournées vers les circonvolutions inutiles, grattées l’humeur sur les coquilles d’huitres vidées dans les bassins putrides, et là plus loin quand se dissimulent les rubis oubliés, les obus de nacre et de jade, d’ambre et de calcaire, dans les derniers gouffres sans fin qu’il faut explorer sans relâche. Il y a l’art aux frontières de la renaissance aux encablures de l’observation jamais abandonnée qui terminera une histoire plane en cinq dimensions: couleur, écriture, pertinence, violence, obstination. Politique, sensuel, exotique, ravageur, ubuesque, vintage, historique, affligeant comme les affiches des films pornographiques des années 70′ revues par les plumes des grands philo/sociologues actuels mais tellement indispensable, le travail de Clément Collet-Billon nous propulse à la source des Nil, Zambèze, Gange et Garonne à la fois, avec la même crédulité que lorsque nous irions voter pour croire encore une fois que les codes se respectent sans s’affranchir. Un déploiement sophistiqué de conviction servi par une technique raffinée du contre et de l’obscur mais du prodige freiné ce qui détache toutes ces particules fondamentales vers la subtilité. Une dernière fois ! Allez ! à La Machine à Musique (Hélène des Ligneris) voir ses six pièces de boucher de luxe avant qu’elles prennent le Jumbo pour des destinations inconnues. C’est aujourd’hui dernier jour dans la douce hypercanicule rationnelle de notre temps à nous.

Christophe Massé 1er Juin 2019

––––––––––

« SAISISSEZ VOTRE CODE »

Clément Collet-Billon regarde et nous permet de regarder avec lui. Ce qui se manifeste dans la société des images, ce qui se joue dans le regard, dans l’histoire des identités culturelles, sont autant de sujets actuels qui imprègnent son art et les images qu’il (re)produit.

C’est dans et avec la masse d’images, de textes et de sons venant des médias, qui saturent les regards, les sens, et les esprits, que Clément effectue un choix de références issues de l’univers de cultures populaires à l’échelle planétaire.« […]il subsiste des formes de dominations que le marketing, par son système de segmentation et de ciblage d’une population, entretient en s’employant à véhiculer un imaginaire symbolique truffé de codes et stéréotypes. »
Publicités, images glanées sur le web, packaging de marques, séries télévisées, photographies personnelles de ses voyages en Asie… Clément sélectionne, décontextualise, recoupe, décompose ces images, en repère les signes et les codes pour les reformuler en peinture et en faire un territoire esthétique et réflexif en résonance avec le monde. Il y questionne les évidences, conscientes ou inconscientes, des évidences acquises jusqu’à ce qu’elles soient remises en question par l’artiste.

A l’image de la série d’aquarelles Domina’s Pizza II, Visual Poetry, qui présente une association de diptyques composant un kaléidoscope de références ténues, pour créer un jeu de piste subtile fait d’allusions implicites, d’échos et de dissonances : « […] axer sa recherche sur les vestiges, les réminiscences de ce passé historique recyclé, permet de faire resurgir le motif de la perte entre mémoire et amnésie, notamment à travers le design des marques et le marketing qui l’accompagne. »
Ainsi se côtoient jeux de mots, références publicitaires asiatiques et occidentales, extraits du film De Hollywood à Tamanrasset (long métrage algérien réalisé en 1990 par Mahmoud Zemmouri qui propose une chronique caustique sur les banlieues algéroises où des habitants se prennent pour les héros de feuilletons télévisés américains), bribes d’histoires sur la traite des noirs…
Cette mise en abîme de signes, riche en significations, procède à une archéologie contemporaine d’un post colonialisme sous-jacent, pour mettre en exergue avec humour l’influence voire le conditionnement d’une mondialisation culturelle et économique par l’occident.

Cette véritable sémiotique des images propose des lectures à plusieurs niveaux, un miroir sans tain parfois dérangeant, souvent ironique, quelque fois critique. Sans lourdeur moralisatrice, Clément Collet-Billon sollicite les partis pris et les points de vue, par une autopsie subjective riche de sens qui suscite connections, réflexions et interprétations. « Il y a un engagement, pas simplement le mien, celui du visiteur qui saisira toujours un sens, son sens, une intention, son intention » : croisez les regards, les filiations, les icônes, indices, symboles.  Saisissez votre code.

Texte écrit par l’équipe de l’espace29 – Bordeaux – pour l’exposition «SAISISSEZ VOTRE CODE», janvier 2011.

––––––––––

BIO

EXPOSITIONS PERSONNELLES

Septembre 2019 « Abstraction Géographique », Galerie Bolide, Bordeaux.

Mai 2019 « Petites annonces du carnage à Serendip Island », Boustrophédon #40, La Machine à Musique, Bordeaux.

Mars 2016 « Seulement en transit à Cleveland », Boustrophédon #4, La Machine à Musique, Bordeaux.

Mars 2014 « (g)Hostwriter », Sous La Tente, Bordeaux.

Janvier 2011  “SAISISSEZ VOTRE CODE” Espace29, Bordeaux.

EXPOSITIONS COLLECTIVES

Avril – Juin 2021  « Nourrir le corps nourrit l’esprit », CAC de Meymac (19),commissariat d’exposition Jean-Paul Blanchet, avec les artistes Pilar Albarracìn, Aranthell, Damien Berthier, Liu Bolin, Louise Bossut, Nicolas Boulard, Mireille Blanc, Thomas Broomé, Patrice CarréJeanne Chopy & Robin Tornambe, Claude Closky, Claire Dantzer, Denis Darzacq, Arnaud Dezoteux, Sandra Foltz, Ana Gonzalez Sola, Elsa Guillaume, Joseph Grigely, Marie Hamel, Cécile Hesse et Gaël Romier, Clémence Joly, Jan Kopp, Enora Lalet, Joachim Lapôtre, Marc Lathuillière, Thomas Levy-Lasne, Pablo Lobato, Charlie Malgat, Aurélie Mathigot, Chloé Mazlo & Béréngère Henin, Mathieu Mercier, Yao Metsoko, Rostand Pokam, Pôle fromage, Babeth Rambault, Olivier Richon, Gregg Segal, Fabien Souche, Stéphane Soulié, Jeanne Susplugas, Studio Orta.

Octobre 2020 « Le Mot », Centre d’art du Bois Fleuri, Lormont (33), avec les artistes Marie Minot, Valérie Champigny, Jean-François Chapelle, Thomas Déjeammes, Philippe Billé, Pascal Pas, Bruce Clarke, Guillaume Chansarel, Emmanuel Aragon et Christophe Massé.

Février 2019 « Faire du neuf avec du neuf, Ferdinand avec du vin » invité par le collectif 0,100 pour la Galerie Eponyme à Bordeaux, avec les artistes Emmanuel Aragon, @Emmanuel Ballangé, Joan Coldefy, Patrice Santa Coloma, Virginie Delannoy, Steph Goodger Atelier, Axel Ingé, Mirsad Jazic, Veronique Lamare, Emmanuelle Leblanc, Christophe Massé, Sophie Mouron, Franck Noel, Simon Rayssac, Nina Reynolds (l’inconnue du California Zephyr), Simon Rulquin, Leila Sadel, Julien Tardieu et Jeanne Tzaut.

Décembre 2014 « Au-delà des réels », 5UN7 Gallery, Bordeaux.

Octobre 2010 « Parcours Carne », Paris 19 ème arrondissement.

Décembre 2009 Musée de l’érotisme, Sexy Art Gallery, Amsterdam.

Juin 2009 Alternative Gallery, Miami, Fl.

PROJETS CURATORIAUX

Juin 2021 « Je suis cité » par David Dudoret, Cumulus, Floirac (33)

Octobre 2020 « Vous en avez déjà trophées », Cumulus, Floirac (33) avec les artistes Sylvain Bourget, Clément Collet-Billon, Estelle Deschamp, Pierlo Dogan, Guillaume Hillairet, Junliu & Gael, Andrea Ho Posani, Leila Sadel, Jeanne Tzaut.

PUBLICATIONS

Septembre 2019 « Abstraction Géographique » en lien avec l’exposition à la Galerie Bolide, Bordeaux.

Juin 2016 Participation à un Livre Pauvre avec Christophe Massé, collection « ralentir travaux », Prieuré de Saint-Cosme

Décembre 2015 « Rubbish is rubbing against her snobbish cleft, quelques aquarelles extraites de la série …lives and works in Cleveland », auto-édition en vente chez Diparate, boutique de fanzines à Bordeaux

DIPLOMES

2005 DIiplome National Supérieur d’Expressions Plastiques avec félicitations du Jury. Ecole Supérieure d’Art de Perpignan.

___________