Café du commerce

A propos de la série « Café du Commerce » :

Sur ces huit toiles grand format, on peut lire des enseignes aux noms assez remarquables, entrant parfois en résonance avec l’actualité ou avec « une identité dont l’interpellation se fait dans le cadre de l’exercice du pouvoir ». Elles peuvent être perçues autant comme des formes de « frontières réactives » que comme un moyen d’affirmer une volonté d’échange et d’ouverture vers l’Autre. Au moment de la prise de vue, certains mots inscrits sur les devantures de ces restaurants peuvent déjà signifier un comportement provocateur, ironique, voire punk de la part de gérants indépendants. Ici, je pense plus particulièrement à ce restaurant appelé « Taliban Food Center ». Alors que dans d’autres situations, c’est la décontextualisation du signe – avec tous les mots qui l’entourent – et l’intégration de celui-ci dans un nouveau contexte qui engendre un côté provocateur. Dans cette série aux couleurs vives et aux sujets souvent montrés de manière frontales, il est question d’appropriation avec une double possibilité de compréhension de ce terme : soit une appropriation d’un signe, d’une image que l’on fait sien ; soit l’appropriation comme l’accaparement des ressources d’un territoire, le pillage des matières premières et une volonté de contrôle de l’économie. Je pense ici, notamment, aux « Suceuses de l’Ouest » et au restaurant de Singapour « The Colonial ». Il y est aussi question de l’exil, de la déterritorialisation, du déplacement, du brouillage des frontières entre photographie et peinture, entre l’ailleurs qui surgit ici entre fantasme, réalité, simulacre et réification. Je pense à cette toile où il est écrit « North Indian Cuisine with difference », encore une enseigne de Singapour, ou à ce restaurant de Penang s’appelant « Danish Briyani ». « Chaque art a ses techniques de répétitions imbriquées, dont le pouvoir critique et révolutionnaire peut atteindre au plus haut point, pour nous conduire des mornes répétitions de l’habitude aux répétitions profondes de la mémoire, puis aux répétitions ultimes de la mort où se jouent notre liberté. » (Gilles Deleuze, « Différence et répétition »)

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